24 pannes documentées Mise à jour 10.09.2026

Logiciels

Convertisseur récupération de texte : ouvrir un Word corrompu

Convertisseur récupération de texte : la fonction est déjà dans Word, mais ce n'est pas la première à essayer, et elle ne rend que le texte.

Difficulté

▮▮

Durée

10 min

Risque

Élevé, le fichier d'origine peut être écrasé

Une clé USB posée seule sur un établi sombre, capuchon retiré
En bref

  • Le convertisseur de récupération de texte est une fonction déjà présente dans Word, dans la liste déroulante des types de fichiers de la fenêtre d’ouverture. Aucun logiciel à installer.
  • Ce n’est pas la première chose à essayer : « Ouvrir et réparer », dans la même fenêtre, tente une réparation qui préserve la mise en forme.
  • Le convertisseur ne répare rien. Il extrait le texte lisible et abandonne le reste : images, tableaux, styles, notes de bas de page.
  • Il faut travailler sur une copie. Enregistrer le résultat par-dessus le fichier d’origine détruit définitivement ce qui aurait pu être récupéré autrement.
Avant de commencer

Faites une copie du fichier abîmé et rangez-la ailleurs, sur une clé ou dans un autre dossier. Toutes les manipulations qui suivent se font sur la copie.

La raison est simple : chaque tentative de récupération peut réécrire le fichier. Si la première méthode échoue et qu’elle a modifié l’original, la deuxième n’a plus le même matériau de départ. Avec une copie, vous pouvez essayer les trois méthodes dans l’ordre sans rien compromettre.

Le logiciel que vous cherchez est déjà installé

La recherche commence presque toujours de la même façon : un document refuse de s’ouvrir, et on part chercher un utilitaire de récupération. Les résultats ne manquent pas, tous payants, tous promettant de réparer ce que Word n’aurait pas su lire.

Or le convertisseur dont ils parlent tous fait partie de Word depuis des années. Il ne se télécharge pas, il ne s’achète pas : il attend dans une liste déroulante de la fenêtre d’ouverture, où personne ne pense à regarder.

Cela ne veut pas dire que les outils payants ne servent à rien. Ils ont leur place sur un fichier gravement endommagé, quand la fonction intégrée ne rend plus rien. Mais les essayer en premier revient à payer pour une opération que le logiciel déjà présent sur la machine fait aussi bien.

Trois méthodes, dans cet ordre

Elles ne récupèrent pas la même chose et n’abîment pas le fichier de la même façon. L’ordre compte, parce que chaque tentative réduit ce que la suivante pourra sauver.

1. RÉPARERMise en formeintacte2. VERSIONSÉtat antérieurcomplet3. CONVERTIRTexte seulreste perduChaque étape rend moins que la précédente. On descend seulement quandla précédente n’a rien donné.
Fig. 1 · Ce que chaque méthode rend, et dans quel ordre les essayer.

1. Ouvrir et réparer

C’est la tentative la plus complète, et celle que presque personne n’essaie parce qu’elle se cache derrière une petite flèche.

  1. Dans Word, Fichier, puis Ouvrir, puis Parcourir.
  2. Sélectionnez le fichier sans double-cliquer dessus.
  3. Cliquez sur la flèche à droite du bouton Ouvrir, puis sur Ouvrir et réparer.

Word tente alors de reconstruire la structure du document. Quand cela fonctionne, vous retrouvez le fichier tel qu’il était, avec ses images et sa mise en page. C’est la seule des trois méthodes qui rende autre chose que du texte.

2. Les versions précédentes

Windows conserve des copies antérieures de certains fichiers, à condition que la protection du système soit active ou que le dossier soit synchronisé avec un service en ligne. Clic droit sur le fichier, Propriétés, onglet Versions précédentes.

Sur un document stocké dans OneDrive, SharePoint ou Google Drive, le même historique existe côté service, souvent sur plusieurs semaines. En revanche, un fichier posé sur le bureau d’une machine sans sauvegarde n’aura aucune version antérieure : la liste sera vide.

3. Le convertisseur de récupération de texte

Le dernier recours, et le sujet de la plupart des articles qui traitent la question.

  1. Fichier, Ouvrir, Parcourir.
  2. En bas de la fenêtre, ouvrez la liste déroulante des types de fichiers, celle qui affiche « Tous les documents Word » par défaut.
  3. Choisissez Récupérer le texte de n’importe quel fichier.
  4. Sélectionnez le document et ouvrez-le.

Sur macOS, la fonction existe aussi mais s’appelle différemment selon les versions : la liste des formats se trouve dans la fenêtre d’ouverture, sous l’intitulé du type de fichier. L’option porte le même nom en français.

Ce que vous récupérez, et ce que vous perdez

C’est le point qui déçoit, et il vaut mieux le savoir avant que pendant. Le convertisseur ne répare pas le document : il le parcourt et en extrait tout ce qui ressemble à du texte lisible.

Ce qui revient Ce qui disparaît
Le texte des paragraphes Les polices, tailles, couleurs et styles
L’ordre général du document Les images et les objets insérés
Le contenu des cellules d’un tableau La structure du tableau lui-même
Parfois les en-têtes et pieds de page Les notes de bas de page et les renvois

Attendez-vous aussi à des caractères parasites au début et à la fin du fichier récupéré : des suites de symboles sans signification, restes de la structure interne du document que le convertisseur a lus comme du texte. Ils se suppriment à la main, et leur présence est plutôt bon signe : elle indique que la lecture est allée jusqu’au bout.

Quand le convertisseur ne rend rien du tout

Un fichier qui ressort vide, ou rempli de symboles sans une phrase lisible, ne signifie pas que la manipulation a échoué. Il dit quelque chose sur la nature du problème.

Vue macro sur un câble à demi enfoncé dans le port d'un disque dur externe
  • Le fichier est chiffré ou protégé par mot de passe : le convertisseur lit des octets qui n’ont aucun sens tant qu’ils ne sont pas déchiffrés ;
  • Le fichier a une taille de zéro octet : il n’y a rien à récupérer, l’écriture ne s’est jamais faite. Vérifiez-le dans les propriétés avant d’aller plus loin ;
  • Le fichier vient d’un support défaillant : clé USB retirée trop tôt, disque en fin de vie. Dans ce cas, c’est le support qu’il faut traiter en premier, avant d’insister sur le document.

Ce dernier cas mérite qu’on s’arrête. Un document qui se corrompt tout seul, sans coupure de courant ni fermeture brutale, est rarement un accident isolé : il annonce souvent un problème matériel. Avant de recommencer l’opération une dixième fois, il vaut mieux vérifier l’état du disque qui porte le fichier.

Le cas particulier des fichiers de récupération automatique

Word enregistre régulièrement une copie de travail des documents ouverts. Si l’application s’est fermée brutalement, cette copie existe peut-être encore, et elle contient tout, mise en forme comprise.

Elle se trouve dans un dossier de récupération automatique dont l’emplacement est indiqué dans Fichier, Options, Enregistrement. Les fichiers y portent l’extension .asd. Il suffit de copier le chemin affiché, de le coller dans l’explorateur, et de chercher un fichier au nom proche du document perdu.

Cette copie disparaît toutefois dès que le document a été rouvert et fermé normalement après l’incident. C’est pourquoi il faut y penser tout de suite, avant les autres méthodes, et non après.

Vérifier ce que vous avez récupéré

Le texte revenu à l’écran n’est pas forcément complet, et c’est l’erreur la plus coûteuse : refermer le dossier en croyant l’affaire réglée, et découvrir trois semaines plus tard qu’il manquait la moitié d’un chapitre.

Trois feuilles imprimées superposées, dont une barrée au stylo rouge
  1. Enregistrez immédiatement sous un nouveau nom, au format Word, avant toute retouche.
  2. Comparez le nombre de mots avec ce dont vous vous souvenez, ou avec une version antérieure : c’est l’indicateur le plus rapide d’un contenu tronqué.
  3. Parcourez le document jusqu’à la fin. Une coupure se produit souvent au milieu, là où le fichier était abîmé, et le texte reprend ensuite comme si de rien n’était.

Gardez le fichier d’origine tant que ce contrôle n’est pas fait. Tant qu’il existe, une autre méthode reste possible ; une fois écrasé, la question est close.

Portrait de Jérôme Delaunay
Jérôme Delaunay Fondateur · matériel et pannes physiques

Quinze ans de support informatique en entreprise, du helpdesk à l'administration système. J'ai traité des milliers de tickets et constaté que les mêmes problèmes revenaient en boucle. J'écris ici les réponses que je donnais au téléphone.