- Un fichier de plus de 4 Go ne peut pas être copié sur un volume FAT32, quelle que soit la capacité du disque. C’est la limite qui tranche la question le plus souvent.
- NTFS est lu par macOS mais pas écrit : un disque NTFS branché sur un Mac s’ouvre en lecture seule tant qu’aucun logiciel n’est ajouté.
- exFAT est lu et écrit par Windows, macOS et les distributions Linux récentes, sans limite de taille de fichier atteignable en pratique.
- La limite de 32 Go attribuée à FAT32 vient de l’outil de formatage de Windows, pas du format lui-même, qui gère des volumes de 2 To depuis 1996.
Ce que la question cache vraiment
Une vidéo de vacances de 6 Go refuse de se copier sur une clé USB de 64 Go presque vide. Le message d’erreur parle d’espace insuffisant, ce qui est faux, et c’est la formulation qui met tout le monde sur une fausse piste. Le disque n’est pas plein : son format n’accepte aucun fichier au-delà de 4 Go pièce.
La question « NTFS ou FAT32 » se pose presque toujours dans ce contexte, celui d’un support qu’on vient d’acheter ou qu’on veut réutiliser. Elle arrive formulée comme une affaire de compatibilité, alors que c’est la taille du plus gros fichier qui décide en premier. Au téléphone, je n’ai pour ainsi dire jamais entendu quelqu’un ouvrir avec le mot « format » : on me décrivait une copie qui refusait de se faire.
Trois formats se disputent le terrain sur les supports amovibles, et un quatrième acteur a changé la réponse depuis vingt ans sans que les habitudes suivent.
FAT32 : la limite qui décide, et celle qui n’existe pas
FAT32 date de 1996. Sa force est sa banalité : à peu près tout ce qui possède un port USB ou un lecteur de carte sait le lire, des autoradios aux téléviseurs en passant par les appareils photo et les imprimantes.
Sa limite dure est 4 Go par fichier, précisément un octet de moins. Elle ne se contourne pas, ne se règle pas, et ne dépend pas de la taille du support. Un film, une image disque, une archive de photos ou une sauvegarde de machine virtuelle la dépassent sans effort. C’est la raison pour laquelle FAT32 a cessé d’être un choix par défaut raisonnable, quoi qu’en disent encore beaucoup de pages qui recommandent de le prendre « en cas de doute ».
La deuxième limite, celle des 32 Go, est plus intéressante parce qu’elle n’appartient pas au format. FAT32 gère des volumes jusqu’à 2 To depuis sa sortie. Ce sont les outils de formatage de Windows qui refusent de créer un volume FAT32 au-delà de 32 Go, un plafond arbitraire posé il y a des décennies. Windows lit sans difficulté un volume FAT32 de 500 Go formaté ailleurs.
Microsoft a d’ailleurs commencé à le retirer : depuis une annonce de 2024, la commande format en ligne de commande accepte des volumes FAT32 jusqu’à 2 To, changement arrivé courant 2026 dans les versions de test de Windows 11. La fenêtre de formatage classique, celle du clic droit, s’arrête toujours à 32 Go. La limite des 4 Go par fichier, elle, ne bouge pas, et c’est celle qui compte.
NTFS : complet sur Windows, muet ailleurs
NTFS est né en 1993 avec Windows NT et sert de format par défaut à Windows depuis XP. Le disque système de toute machine Windows récente est en NTFS, et c’est le bon choix pour un disque interne : il gère les permissions, tient un journal qui limite la casse en cas de coupure, et n’a pas de limite de taille qu’un particulier puisse atteindre.
Son défaut apparaît dès qu’on sort de Windows. macOS monte un volume NTFS en lecture seule : les fichiers s’ouvrent et se copient vers le Mac, mais rien ne peut être écrit, renommé ni supprimé sur le disque. Des logiciels tiers ajoutent l’écriture, gratuits comme payants, au prix de l’installation d’un pilote système sur une machine qui n’en demandait pas.
Sur les appareils qui ne sont pas des ordinateurs, la prise en charge de NTFS est irrégulière. Certains téléviseurs et autoradios le lisent, beaucoup l’ignorent, et rien sur l’emballage ne permet de le savoir à l’avance.
exFAT : la réponse au cas le plus fréquent
exFAT est sorti en 2006, conçu par Microsoft pour la mémoire flash. Il reprend la simplicité de FAT32 en supprimant sa limite de taille : le plafond théorique par fichier se compte en exaoctets, autant dire qu’il n’existe pas.
Surtout, il est lu et écrit nativement par Windows, par macOS et par les distributions Linux récentes, ainsi que par la plupart des consoles, appareils photo et téléviseurs sortis dans la dernière décennie. Le disque externe qu’on branche indifféremment sur un PC au bureau et sur un Mac à la maison est le cas de figure le plus courant, et exFAT y répond sans installer quoi que ce soit.
Son absence de journalisation est le revers : un débranchement pendant une écriture abîme plus facilement la table des fichiers qu’avec NTFS. Cela plaide pour NTFS sur un disque interne, pas contre exFAT sur un disque qu’on transporte, à condition d’éjecter proprement avant de débrancher.
Quand c’est l’appareil qui impose le format
Le raisonnement précédent suppose qu’on a le choix. Trois situations le retirent.
Les cartes mémoire suivent une norme, pas une préférence. La norme SD associe les cartes SDHC, de 4 à 32 Go, au format FAT32, et les cartes SDXC, de 64 Go et plus, au format exFAT. Un appareil conçu pour les cartes SDHC ne lit pas les cartes SDXC, et reformater la carte n’y change rien : c’est le type de carte qui bloque, pas son contenu.
Une clé USB de démarrage a besoin de FAT32. Le micrologiciel UEFI des machines actuelles ne sait lire que ce format au moment du démarrage. C’est le seul cas où FAT32 reste obligatoire sur du matériel récent, et il explique pourquoi les outils de création de clés d’installation le proposent encore.
Beaucoup d’appareils domestiques n’ont jamais dépassé FAT32. Autoradios, cadres photo, téléviseurs d’entrée de gamme, enregistreurs. La notice ne le précise pas toujours, et l’essai reste le seul moyen de savoir.

Ce que change un formatage, et ce qu’il ne change pas
Changer le format d’un support n’est pas une option de réglage. Un formatage efface l’intégralité du contenu, sans étape de confirmation détaillée et sans corbeille. La copie des données ailleurs se fait avant, pas après.
Windows aggrave la situation d’une manière particulière : quand il rencontre un volume dont il ne reconnaît pas le format, il propose spontanément de le formater. Un clic machinal sur cette proposition efface un disque parfaitement sain dont le seul tort était d’avoir été préparé par un Mac. La même logique vaut pour un disque dur Mac branché sur un PC, où l’erreur est la plus fréquente.

Un point mérite d’être posé clairement, parce qu’il revient souvent sous forme d’espoir. Aucun de ces formats ne protège des pannes. Le journal de NTFS limite les dégâts d’une coupure de courant pendant une écriture, ce qui n’a rien à voir avec la protection des données. Un disque dont les secteurs se dégradent perd ses fichiers en NTFS exactement comme en exFAT, et cela se surveille par ailleurs, en regardant l’état du disque dur.
Vérifier le format d’un disque avant de décider
La vérification prend quelques secondes et évite la plupart des formatages inutiles, car un support est fréquemment déjà au bon format en sortie d’emballage.
Sur Windows, un clic droit sur le lecteur dans l’explorateur puis Propriétés affiche le système de fichiers sur la première ligne. Sur macOS, l’Utilitaire de disque, rangé dans Applications puis Utilitaires, l’indique sous le nom du volume dans le panneau de droite.
Deux contrôles complètent utilement l’opération. Repérer d’abord le plus gros fichier que le support devra accueillir : au-delà de 4 Go, FAT32 est écarté, et la question se réduit à NTFS ou exFAT. Vérifier ensuite ce qui lira le support, en comptant les appareils qui ne sont pas des ordinateurs. Neuf fois sur dix, ces deux réponses suffisent à trancher sans rien formater du tout.
Quinze ans de support informatique en entreprise, du helpdesk à l'administration système. J'ai traité des milliers de tickets et constaté que les mêmes problèmes revenaient en boucle. J'écris ici les réponses que je donnais au téléphone.
